Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 18:51

           

Une recette, c'est toute une histoire!



Quand le Monde était primitif, les femmes ont utilisé le feu pour rendre comestibles toutes sortes de viandes et de végétaux que le clan rapportait de ses chasses ou de ses cueillettes. 

Chacun se nourrissant de ce qu'il avait sous la main, les idées d'accomoder au mieux la nourriture se sont transmises aux proches, puis à d'autres lorsque les migrations des hommes les ont portés loin de leurs Terres natales.

Où qu'ils prennent racine, les enfants des migrants gardent en mémoire les saveurs du pays et de retrouver les unes à travers leur plat préféré, leur rappelle l'autre. Ainsi, ils conservent vivants les infinis visages des ancêtres qui un jour réussirent pour leurs descendants la recette parfaite.



De quoi s’agit-il dans cette nouvelle rubrique "Des saveurs venues d'ailleurs" que 44Sans frontières  ouvre aujourd'hui? De partager une recette mais surtout l'histoire de celui ou de celle qui vous l'a transmise.

Ainsi d'Ouardia et de son couscous...


 

LE COUSCOUS D'OUARDIA

Ouardia était kabyle, elle habitait dans un petit village de montagne, non loin de Tizi-Ouzou. Elle y serait sans nul doute restée s'il n'y avait eu la guerre. Durant cette sombre période, les femmes de la montagne ont supporté l’inimaginable, d’abord de la part des soldats français puis, lorsqu’ils se sont retirés, de la part de leurs frères musulmans du FLN, parce qu’elles avaient été souillées !

Le mari d’Ouardia étant mort en combattant, le gouvernement algérien attribua à cette dernière, une pension et un logement à Alger où elle vint avec son fils après l’indépendance. C’est là que je l’ai connue. Elle habitait dans un immeuble de quatre étages avec une grande cour intérieure. A chaque étage, un balcon circulaire mettait les appartements en communication et dès qu’il faisait beau (ce qui arrive souvent à Alger), on vivait sur le balcon. J’étais venue voir une amie, Ouardia faisait son couscous, elle m’a invitée à déjeuner.

 

INGREDIENTS
- Collier de mouton : 1kg

- pois chiches secs : 5 cuil.soupe

- oignon: 1 gros +1/2

- poivre rouge en poudre : 2 cuil soupe

- huile : 4 cuil soupe

- navets : 6

- courgettes : 6

- tomates :3

- branches d’artichaut : 3

- persil,

- 2 cuil soupe gros sel

- couscous semoule fine : 1 kg

 

 

Faire tremper la veille les pois chiches dans de l'eau (si l'on a oublié, les faire cuire 1/2 heure en changeant deux fois l'eau, renouvellement qui se fait avec de l'eau bouillante).

Dans le couscoussier, dissoudre le poivre rouge dans l'huile et ajouter la marga, c'est-à-dire : le mouton coupé en morceaux et lavé à l'eau pour éliminer les débris d'os; les pois chiches gonflés; l'oignon, le sel.

Tourner le tout avec une cuil. en bois et faire cuire à feu très fort durant 5 minutes. Ajouter 2 litres d'eau très chaude et faire cuire en maintenant l'ébullition 2 heures environ.

Préparation de la semoule: mettre dans un grand plat plat le couscous fin. Mouiller progressivement avec un verre d'eau tiède en remuant le couscous avec la paume de la main et en évitant les grumeaux. Placer le couscous dans la passoire et la passoire sur le couscoussier. Faire cuire 20 min. en vérifiant que l'ébullition se maintient. Puis retirer la passoire et arroser le couscous avec 1/2 cuil. à soupe de sel fin et 3 verres d'eau froide. Quand la semoule a absorbé l'eau, verser dans un grand plat et rouler le couscous sans l'écraser, en évitant toujours les grumeaux. Ajouter 2 cuil. d'huile et remélanger en faisant passer entre les doigts pour que tout soit homogène. Remettre sur le couscoussier. A ce moment, mettre dans la marga les légumes coupés dans le sens de la longueur et ajouter encore un litre d'eau (couscoussier à moitié plein). Ne replacer la semoule sur le couscoussier que lorsque l'ébullition est à nouveau obtenue.

Goûter et compléter l'assaisonnement. Faire cuire le couscous 20 minutes à nouveau. Ajouter alors sur la semoule un gros morceau de beurre et bien le mélanger sans l'écraser. Ajouter dans la marga du poivre noir moulu au moment de servir.

Par Colette Tournès - Publié dans : Saveurs venues d'ailleurs - Communauté : melting pot
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