On les appelle les Peuples premiers,
ces peuples dont les ancêtres directs
ont habité les premiers, la terre où ils vivent aujourd'hui.
En Namibie, on les nomme les Hommes Racines.
En Australie, ils portent le nom d'Aborigènes.
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un diaporama de Karine Massonnie |
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Le
diaporama que Karine Massonnie présente au public, ne retient de son périple que les séjours qu'elle a faits chez les Peuples premiers, les Sans du Botswana, les Himbas de Namibie, les Peaux
rouges du désert, les aborigènes d’Australie, les Tsaatans nomades de Mongolie, les peuples des Hauts Plateaux boliviens.
Pourquoi un tel voyage ?
Le
goût de la découverte, de ce qui se vit ailleurs, des diversités culturelles et des multiplicités de la nature. Du fait de sa profession qui a trait au tourisme, Karine Massonnie a voulu
également recenser les habitats
et les milieux où se pratique un tourisme solidaire, dont l'esprit du voyage est de privilégier les rencontres, de se donner le temps de les provoquer, où les autochtones
et non les agences en sont les principaux bénéficiaires.
Durant ses longs séjours (pouvant aller jusqu'à un mois), Karine a beaucoup écouté la volonté de ces peuples souvent très menacés de disparaître : ils veulent conserver leur mode de vie, leur langue, leur culture et leur territoire. Ils veulent choisir
leur modèle de développement. Ils ne veulent pas que quiconque décide pour eux, comme c'est le cas pour les aborigènes d'Australie qui ont obtenu la
nationalité australienne mais qui habitent des terres stériles où ils ont perdu leur
savoir faire.
Comment aborder un village que l'on ne
peut atteindre qu'après une longue route et dont on ne possède pas la langue?
Karine n’aime pas recourir à des interprètes, elle aime le direct: pas trop de préparation et un minimum d'intermédiaires. Parfois il lui fallut être bien plus organisée, rédiger des projets
et les communiquer par internet à des associations locales qui se chargèrent ensuite de réunir pour elle des adresses.
En Namibie,
elle s'est carrément rendue à Windhoek la
capitale, et a frappé à la porte du siège des institutions gouvernementales où un représentant lui affecta un Ranger afin de la piloter vers les populations qu'elle souhaitait
rencontrer. En Mongolie, une
région moins menacée que d’autres de perdre son identité, elle a fait confiance à l'imprévu.
Canadienne, Karine Massonnie est trilingue français, anglais, espagnol. Elle ne parle aucun dialecte mais ne manque pas d'astuces pour se faire entendre. Plus que de posséder les
mots, il convient de se sentir à l'aise, pièce étrangère dans un cercle restreint de personnes qui vivent dans une civilisation où le temps ne s’écoule pas ou plutôt, comme disait Jacques Brel, où "le temps s’immobilise" une grande
partie de la journée. Le temps de s'apprivoiser. Plus que des mots, viennent des regards, des échanges.. offrir l'appareil photo à la curiosité des voisins, leur laisser se l'approprier avant de
s'en servir soi-même après en avoir sollicité l'autorisation. Savoir décliner une demande en mariage en théâtralisant une négociation qui va se dérouler sur plusieurs jours en présence du
village.. Tu sais, mon mari m'attend... Je veux le rencontrer... Mon père ne me permet pas de me marier sans son consentement… Je pars le lui demander... Tu ne peux pas,
il habite trop loin......Peu importe… Mais il faut traverser la mer… La mer? Qu’est-ce que c’est? Je la traverserai … et lorsqu'il faut bien dire NON avec fermeté, le prétendant
s'en va sans bruit, une grande tristesse dans le regard. Mais le lendemain il revient : acceptes-tu que je t'adopte comme ma fille?... C'est OUI.
Savoir être dans cet instable que l'on n'a pas cherché.
Bushmen du désert du Kalahari, ils se nomment eux-mêmes San, ce sont les plus anciens
habitants de l’Afrique australe où ils vivent depuis au moins 20 000 ans. Chasseurs-cueilleurs, leur habitat est un immense territoire, ils se déplacent selon la pluie
qui fait pousser les fruits et les racines, qui engraisse le gibier. 5.000
au Kalahari en 1961, ils sont 500 aujourd’hui.
Himbas semi-nomades du
Kaokoland, autrefois bantoustan autonome du Nord-Ouest de la
Namibie. Peaux rouges du grand désert, qui se teignent le corps avec
leur terre rougie par l'hématite. Aborigènes d'Australie à qui il faut apprendre à nouveau à maîtriser leur environnement. Cavaliers nomades de Mongolie, les Tsaatans dont la vie dépend de leurs
troupeaux de rennes et qui voient peu à peu disparaître le lichen dont se nourrissent ces grands ruminants. Boliviens des Hauts Plateaux et leur Sages qui offrirent à Karine une journée d'initiation selon les rites ancestraux parce qu'elle était leur
invitée de marque...
Elle s’était dit, avant le départ qu’elle abandonnerait sa quête
si elle ne s'y sentait plus à l'aise. Elle est partie libre, avec un bagage minimum. C’est facile à dire, moins facile à faire.... à être nomade et solitaire durant toute une année ! Il semble
bien que ce soit le prix à payer pour que la rencontre advienne avec les Peuples premiers. Il semble aussi que la qualité de son diaporama lui en soit redevable. Intelligence et bienveillance y
compris dans le travail d'édition, au retour, dans la sonorisation avec un choix de musiques locales et traditionnelles qui servent aussi de langage, restituant leur vie aux images. De toutes ces
photos prises aux quatre coins du monde, émerge une étrange impression que oui, l’humanité quand elle s’exprime dans son essentiel, est toujours intacte et la même partout. C’est très
bouleversant. Alors, assise dans l'assistance -devoir de communication oblige- je voudrais saisir sur l’écran qui défile, clic... tous ces visages... clic, clic…ces lieux du bout du Monde…clic…je
voudrais les retenir pour m’en souvenir, pour mieux les dire aux autres et les redire… et soudain une voix agressive claque dans l’assistance: «C’est pas bientôt fini de prendre ces photos!» Boum
! Je tombe du petit nuage, je ne suis plus chez les Peuples premiers, je suis de retour en France.
L'article fut écrit après une séance de projection du diaporama, commentée
par Karine Massonnie, à la Maison de Quartier de Méan Penhoët, 1 rue Emile-Combes 44600 Saint-Nazaire.
Les associations de la Région qui aimeraient organiser chez elles une séance, peuvent adresser leur demande sur le blog qui fera suivre.
DES RACINES ET DES HOMMES, un livre édité par Karine Massonnie. 20€.
s'adresser à karine@massonnie.com